Les dingueries de l'IA : Culture, Capital et Scandales
Salut l'ami,
Le sujet le plus chaud de la semaine en Silicon Valley, en ce début décembre 2025, c’est la polarisation extrême du secteur de l'IA. En gros, ça se résume à une overdose de capitaux d'un côté, et de l'austérité culturelle/sociale de l'autre.
C'est un mélange détonant de gros argent, de gros drama politique, et d'un retour massif à la culture du travail acharné ("hustle culture").
Voici les trois points qui font le buzz cette semaine :
1. Le "Hyper-Cycle" du Capital IA : Ça explose de partout
L'argent coule à flots, mais uniquement vers l'IA et l'infrastructure fondamentale. Le volume de financement est historique.
- Des sommes folles : Rien qu'au premier semestre 2025, le financement mondial en capital-risque pour les startups d'IA a atteint 116 milliards de dollars, soit plus que le total de l'année 2024 entière.
- Des méga-rondes à gogo : Cette concentration est alimentée par des "méga-rondes" stratégiques. Par exemple, Lambda (infrastructure cloud IA) a levé 1,5 milliard de dollars, et Kalshi (marché de prédictions) a décroché 1 milliard de dollars en novembre. Plus récemment, la startup allemande Black Forest Labs a levé 300 millions de dollars, triplant sa valorisation à 3,25 milliards de dollars.
- Les perdants du Darwinisme IA : Si tu n'es pas dans l'IA pure ou l'infrastructure, c'est la dèche. La startup de robots humanoïdes K-Scale Labs, par exemple, a annoncé sa fermeture en novembre 2025 faute de financement ultérieur, malgré un financement initial de 4 millions de dollars. Le marché est sans pitié et exige une efficacité maximale en dehors du noyau dur de l'IA.
2. Le retour de la "Hustle Culture" et du Retour au Bureau
Ce déluge de capital s'accompagne d'une pression énorme sur les employés. Le mantra post-pandémie du bon équilibre vie pro/vie perso est en train de prendre un coup.
- Semaines de 72 heures : La concurrence féroce dans l'IA a relancé la culture de l'effort extrême, avec des startups qui exigent des semaines de 72 heures, un retour aux pratiques controversées des débuts de la Vallée.
- Le retour est obligatoire : Pour renforcer cette culture, les entreprises intensifient leurs politiques de retour au bureau. Instagram (qui est sous Meta) est au centre de l'attention après que son patron, Adam Mosseri, a annoncé dans un mémo que tous les employés devront revenir au bureau cinq jours par semaine à partir du 2 février 2026, car il estime que la collaboration et la créativité sont meilleures en personne. D'autres, comme Amazon, avaient déjà imposé 5 jours/semaine début 2025.
- L'excuse de l'IA pour les licenciements : Les coupes d'emplois continuent (par exemple, TCS a licencié 365 employés en décembre 2025). Souvent, ces suppressions sont officiellement justifiées par l'efficacité de l'IA, mais les analystes disent que l'IA sert de "bouc émissaire" pour masquer de simples mesures de réduction des coûts.
3. Le gros drama politique (Le "AI Czar" de Trump)
Le conflit entre la finance de la Vallée et la politique fédérale est au cœur des discussions, avec un scandale qui a éclaté cette semaine.
- L'homme au centre : David Sacks, qui est le "AI and Crypto Czar" de l'administration Trump.
- Le conflit d'intérêts : Une enquête du New York Times révèle que Sacks détient 449 investissements dans l'IA tout en façonnant la politique fédérale. Le hic, c'est qu'il a réussi à contourner les règles d'éthique fédérales en classifiant 438 de ces participations comme de simples "logiciels" ou "matériels" (software ou hardware), même pour des entreprises qui ont littéralement "AI" dans leur nom.
- La réaction : Sacks rejette ces allégations, les qualifiant de "rien de grave" (ou "nothing burger"), mais pour beaucoup, cela souligne le risque réglementaire aigu lorsque le capital de la Silicon Valley se mêle à la politique stratégique nationale. C'est clairement le gros "drama" qui fait la une des journaux spécialisés cette semaine.
En gros, la Vallée vit une période de tension maximale : ceux qui sont au sommet font des milliards et poussent la culture du travail à l'extrême, tandis que ceux qui sont un peu moins bien placés se battent pour survivre ou voient leur travail remplacé (ou du moins justifié comme tel) par l'IA. Ça bouge beaucoup en ce moment !